Alexis Rault concert du 15 novembre à la Comédia...
Par Jean-Charles Lopez le jeudi, janvier 3 2008, 16:36 - Chroniques de concerts - Lien permanent
Malgré l'agacement de nous être faits bousculer en ce jeudi noir de grèves, nous n'avons pas annulé notre rendez-vous à la comédia, jolie petite salle de théâtre caverneuse, au coeur des rues piétonnes de la rive droite, pour aller écouter l'artiste français Alexis Rault.
Après une première partie ni révolutionnaire, ni déplaisante (Hadjan, une chanteuse soul, dont la timidité et les qualités vocales séduisent) Alexis arrive, costume noir.
Après quelques plaisanteries (de bon goût), Alexis nous présente ses camarades pianistes, batteur, bassiste et une charmante violoncelliste. On tremble un peu devant cette formation relativement « scène française » et on s'étonne même de ne pas voir traîner un accordéon...
Alexis débute avec « la Devise ». Le son et les arrangements nous calment immédiatement : Non, nous ne sommes pas devant l'un de ces innombrables chanteurs post-Bénabaro-Calio-Delermique, mais bel et bien devant un artiste Pop. L'atmosphère électrique qui se dégage est très bien servie par une grosse ligne de basse, par un pianiste et un batteur à la hauteur (et prenant visiblement leur pied), et une violoncelliste inspirée et à la grosse puissance harmonique. Au milieu de ce petit monde, Alexis gère parfaitement sa scène et enchaîne quelques tubes en devenir (« 2 minutes 30 pour Marie », en hommage à Marie Drucker, « Moleskine », « La Podérosa »...) Ce qui est particulièrement appréciable, c'est sa capacité à maîtriser ses références. On pense à Gainsbourg bien sûr pour le timbre de voix et la déclinaison des textes aux différents degrés. Daho et Biolay ne sont pas loin. Beaucoup d'influences anglo-saxonnes 90's sont également présentes : Eels (dont il reprend d'ailleurs « Grace Kelly Blues »), The Divine Comedy, Blur, McCartney, REM...
Le concert atteint son apothéose sur le morceau « Pauvre France », dont les accents Noir Désiriens nous font accélérer le rythme cardiaque, et pendant lequel Alexis délaisse son élégance de dandy au profit d'une véritable implication physique sur scène : Il bouge, il tremble, il vit le morceau. Nous sommes aussi comblés sur « Scénario », dialogue harmonique entre la guitare et la violoncelle et « Last Seduction Orchestra » et sa boucle électro originale et décalée. Alexis refuse clairement de rester dans les sentiers battus de l'actuelle chanson française et nous ôte définitivement les quelques préjugés qui nous restaient.
Après un rappel mérité, le concert s'achève par un hommage à notre Ségo nationale, morceau et à la fois ironique et attendrissant, sobrement intitulé « Bon week-end Ségolène ». Enfin, une reprise de Johnny Cash, « Keep on the sunny side », permet aux membres du groupe (tous excellents) de nous électriser une dernière fois.
Alexis Rault semble avoir trouvé sa voie et son style : une pop simple mais pas simpliste, une élégance, mais pas de prétention, un charme, un ton et un humour bien à lui, et des textes au service de mélodies percutantes et accrocheuses. Après la nouvelle scène française, éculée et somnolente, souhaitons longue vie à cette « nouvelle pop française », bien plus sexy et alléchante...
Quand la lumière se rallume, personne ne semble regretter d'avoir bravé la grève.
Retrouvez toutes les infos sur Alexis sur : http://www.alexisrault.com/
Crédit photo : Florian Le Goff
David
Commentaires
"hadjan, une chanteuse soul, dont la timidite et les qualites vocales seduisent", j'ai du malà comprendre, j'avoue :) en tout cas merci pour ce bilet intéressant ! c'est toiujours sympathique de passer su' ce blog :)