Du rythme au cœur : rencontre avec Lesly, professeur de batterie

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Du rythme au cœur : rencontre avec Lesly, professeur de batterie ...

La musique, chez lui, ne se joue pas seulement avec des baguettes, mais avec le cœur. Professeur de batterie, solfège et percussions, il a grandi entouré de musique et en a fait un langage de transmission, d’écoute et de lien. À travers son parcours, il raconte comment le rythme est devenu une boussole, comment l’enseignement s’est imposé comme une évidence, et pourquoi le plaisir et la bienveillance sont au centre de sa pédagogie. Une rencontre inspirante avec un musicien pour qui transmettre, c’est avant tout faire vibrer. Aux origines : parcours et vocation

Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir musicien, puis professeur de batterie, solfège et percussions ?

J’ai grandi dans une famille très musicale : ma mère chante, mon père joue du piano et de l’accordéon, et mes deux sœurs sont musiciennes, l’une au violoncelle, l’autre à la flûte traversière. J’ai moi-même commencé par le piano. La musique a donc toujours fait partie de mon quotidien. Je suis d’origine haïtienne, et en Haïti, la musique est profondément ancrée dans la culture : apprendre un instrument est presque une évidence. J’ai grandi entouré de musiciens, dans ma famille comme parmi mes proches. Devenir musicien s’est donc imposé naturellement, comme une suite logique. Très tôt, j’ai aussi ressenti le besoin de transmettre. J’ai toujours aimé expliquer, encadrer, accompagner les autres. Même si mon parcours professionnel m’a conduit vers le management — je suis chargé d’affaires en génie climatique, cette envie d’enseigner a toujours été là. Aujourd’hui, transmettre la musique est pour moi une manière de redonner ce que j’ai reçu, avec la même passion et la même bienveillance. 

Peux-tu nous raconter ton parcours musical : formation, influences, étapes marquantes ?

J’ai suivi une formation au conservatoire de Goussainville, dans le Val-d’Oise, où j’ai effectué l’ensemble de mes classes de batterie. J’y ai également été le batteur officiel de l’orchestre symphonique, une expérience très formatrice qui m’a beaucoup apporté, aussi bien musicalement qu’humainement.

À l’issue de ce parcours, j’ai obtenu mon concours départemental, puis j’ai intégré une école de batterie reconnue à Issy-les-Moulineaux. Cette étape a marqué un tournant dans mon parcours : elle m’a permis d’approfondir ma technique, d’élargir mes influences et, surtout, de commencer à transmettre à mon tour. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à donner des cours de batterie, en parallèle de ma propre pratique, avec l’envie de partager ce que j’avais appris.

Y a-t-il une rencontre ou un moment décisif qui a confirmé ton envie de transmettre la musique ?

Oui, très clairement. Tout a commencé assez tôt. J’ai débuté la batterie vers l’âge de 11 ans, et quelques années plus tard, autour de mes 14 ans, mon professeur devait parfois s’absenter pour assister à des réunions au conservatoire. Il me demandait alors de prendre le relais pendant une heure ou deux.

Il me disait par exemple : « Tu vas voir tel élève et lui expliquer telle chose. » Sans vraiment m’en rendre compte, je me suis retrouvé à transmettre à mon tour. C’est à ce moment-là que j’ai compris que l’enseignement me plaisait profondément, et que j’avais autant de plaisir à expliquer qu’à jouer.

lesly

Qu’est-ce qui te passionne encore aujourd’hui dans ton métier de professeur ?

Ce qui me passionne, c’est de voir les élèves évoluer, gagner en confiance, s’épanouir, et surtout devenir autonomes. Transmettre la musique, c’est transmettre quelque chose de vivant, qui accompagne les élèves bien au-delà du cours.

🥁 Batterie & percussions : le rythme au cœur du corps

Qu’est-ce qui t’attire particulièrement dans la batterie et les percussions ?

C’est une histoire assez improbable. J’ai commencé par faire un an de piano, avec l’idée naïve que jouer d’un instrument, c’était pouvoir interpréter immédiatement les musiques que j’entendais à la radio. En réalité, il fallait d’abord apprendre les gammes, la technique, la rigueur… À l’époque, on ne m’a pas expliqué cela avec suffisamment de patience et de pédagogie, et j’en ai ressenti une vraie frustration.

Mon professeur de piano m’a alors parlé d’un cours de batterie et m’a proposé d’essayer. J’ai accepté, un peu par curiosité. Peu de temps après, j’ai eu l’occasion de jouer de la batterie dans le groupe de ma mère. La réaction a été immédiate : les gens ont été surpris, ils ont applaudi et se sont exclamés :
« C’est incroyable, on a un génie dans la famille ! », « Tu as déjà fait de la batterie ? »

Je n’en avais pourtant jamais fait. Lorsque je me suis inscrit en cours de batterie, le professeur m’a posé la même question, et j’ai encore répondu non. C’est dans ce contexte très spontané que l’amour pour la batterie est né.

Aujourd’hui, j’ai l’impression que la batterie fait partie de moi. Comme mon cœur bat au rythme de la vie, les cymbales et les toms résonnent en moi. Chaque fois que j’entends une grosse caisse ou une caisse claire, il se passe quelque chose de presque chimique : je vibre instantanément. Le piano a été une passion, mais la batterie est devenue l’amour de ma vie. Je ne m’en séparerai jamais — je crois que je finirai avec des baguettes dans les mains.

Selon toi, en quoi le travail rythmique est-il essentiel pour tout musicien, même au-delà de la batterie ?

Pour moi, le rythme est fondamental parce que ce sont souvent les batteurs qui donnent le tempo. Nous avons un rôle un peu particulier : celui de chef d’orchestre dans l’univers musical. Gérer le tempo et sentir les autres musiciens s’y raccrocher est quelque chose de très fort et de très gratifiant.

Sans rythme, la musique devient vite déstructurée. Il faut une base régulière, un cadre. La rythmique est le dénominateur commun de tous les musiciens. Elle demande une vraie exigence, mais surtout un état d’esprit collectif : savoir jouer ensemble, être en cohésion, être à l’écoute des autres. C’est pour moi la base de toute musique.

Comment expliques-tu la complémentarité entre batterie, percussions et solfège dans un apprentissage global ?

Le solfège n’est pas indispensable pour débuter la batterie, surtout au tout début. Mais à un moment donné, si on ne passe pas par là, on finit par tourner en rond. Le solfège apporte une méthode, une compréhension et surtout la capacité de savoir précisément ce que l’on joue.

Il permet de lire et d’écrire des partitions, de comprendre les mesures, les temps, et d’explorer de nouvelles possibilités. Ce n’est pas obligatoire, mais c’est une vraie plus-value. J’ai déjà vécu des moments où je jouais quelque chose de très intéressant et où je me disais ensuite : « Comment j’ai fait ça ? » Sans suffisamment de bases techniques, je ne savais pas le retranscrire.

Soit on a une très bonne oreille, soit on devient un batteur accompli en s’appuyant sur le solfège. Les deux peuvent coexister, mais le solfège permet d’aller beaucoup plus loin.

📘 Transmettre : pédagogie, adaptation et confiance

Comment adaptes-tu ta pédagogie à des élèves très différents, en âge comme en niveau ?

Je commence toujours par observer. J’essaie de comprendre comment fonctionne l’élève : son rapport à l’autonomie, à la confiance en soi, sa curiosité naturelle, sa sensibilité. Chaque élève est différent, et mon rôle est de respecter ces différences.

Quelle est ta priorité lors des premiers cours avec un élève débutant ?

Lors du premier cours, il y a une sorte de phase de découverte mutuelle. Je me présente, puis l’élève me parle de lui, de ses goûts, de ce qu’il aime ou non. Cela me permet de construire un programme personnalisé, basé sur l’écoute et l’observation.

Avec le temps, j’ai vu des élèves très timides s’ouvrir complètement, prendre confiance, oser s’exprimer. C’est un travail progressif, mais extrêmement gratifiant.

Comment accompagnes-tu un élève quand il doute ou se décourage ?

J’essaie d’abord de rassurer. J’utilise parfois des phrases simples, presque des mantras :
« Quand on tombe, on se relève », « Rome ne s’est pas construite en un jour ».

Je précise toujours que je ne suis pas dans le jugement, mais à son service, à son rythme. Si l’élève traverse une mauvaise journée, s’il n’a pas eu le temps de travailler, on s’adapte. On change d’exercice, on revient à quelque chose de plus confortable pour lui redonner confiance.

Une fois détendu, on peut revenir à l’exercice plus difficile, mais en l’abordant autrement. La musique demande de la patience : c’est un travail lent, mais durable. Vouloir aller trop vite est souvent contre-productif.

Quelle place accordes-tu au plaisir et au jeu dans ton enseignement ?

Une place centrale, tout le temps. Bien sûr, il y a une part d’exigence, mais le plaisir et le jeu doivent rester dominants. L’instrument ne doit jamais devenir une contrainte.

Mon objectif est que l’élève tombe amoureux de la batterie autant que moi. S’il a choisi cet instrument, c’est qu’il l’aime, et je veux préserver cet amour coûte que coûte.

🎼 Le solfège autrement

Beaucoup d’élèves ont une appréhension du solfège : comment les aides-tu à dépasser cette peur ?

Beaucoup d’élèves arrivent avec un mauvais souvenir du solfège, souvent lié à une approche trop scolaire ou trop rigide. Je commence par dédramatiser et expliquer que le solfège est un outil au service du musicien, pas une fin en soi.

Je m’appuie beaucoup sur les goûts musicaux de l’élève et je crée un lien direct entre ce qu’il aime écouter et les notions techniques. Le solfège est présent dans les exercices, mais de manière fluide, presque invisible.

Parfois, je mets de la musique que l’élève apprécie pendant qu’on travaille. Cela crée du plaisir, de la dopamine, et permet d’apprendre sans même s’en rendre compte.

Comment fais-tu le lien entre solfège et pratique instrumentale pour que cela devienne concret ?

Le lien se fait naturellement à travers la pratique. Le solfège est intégré aux exercices rythmiques, à la lecture, à l’écriture, à l’écoute. Il devient vivant, utile, directement relié à ce que l’élève joue sur son instrument.

Penses-tu que tout le monde peut aimer le solfège, à condition qu’il soit bien transmis ?

Pas forcément l’aimer, mais au moins l’accepter et l’apprivoiser. Il existe une multitude d’approches pédagogiques. Certaines personnes ont une vraie aversion au départ, mais on peut souvent débloquer les choses en amenant le solfège différemment.

C’est un peu comme un enfant qui n’aime pas les épinards : on peut les intégrer autrement. Rien n’est figé, tout dépend de la sensibilité de l’élève.

Quels styles musicaux abordes-tu le plus souvent avec tes élèves ?

Un peu de tout. Je m’adapte avant tout aux goûts de l’élève. J’ai une formation en jazz, jazz manouche, zouk, en lien avec mes origines antillaises et africaines, mais aussi en pop et en rock grâce au conservatoire.

Même si un élève veut explorer des styles très éloignés, comme le métal, cela ne me pose aucun problème. L’important, c’est qu’il se sente libre d’explorer.

Encourages-tu les élèves à développer leur propre sensibilité rythmique et leur créativité ?

C’est même tout l’objectif. Mon rôle est de leur apporter les outils techniques nécessaires pour qu’ils puissent ensuite s’exprimer librement. La batterie offre énormément de possibilités, avec une grande variété de sons et d’accessoires. La technique et le solfège permettent justement d’explorer des territoires inconnus et de développer un style personnel.

Qu’est-ce qui te prend le plus de temps dans ton travail, au-delà des cours eux-mêmes ?

Ce sont souvent les morceaux les plus complexes. Je demande aux élèves de choisir un morceau, puis je travaille en amont la partition, en identifiant les passages difficiles pour pouvoir les expliquer de la manière la plus simple possible.

C’est aussi un vrai défi quand les morceaux sortent de ma zone de confort. Cela m’oblige à me remettre en question, à décortiquer, analyser et adapter mon discours pédagogique.

As-tu déjà ressenti une forme de culpabilité à ne pas “en faire assez” pour tes élèves ou pour la musique ?

Non, jamais. Je me remets souvent en question, mais je sais que je donne réellement tout. Je suis quelqu’un de très sensible, mais je me fais confiance dans mon discernement.

J’ai déjà accompagné un élève neuro-atypique, ce qui m’a fait sortir de ma zone de confort. J’ai douté de mes méthodes, mais le retour de l’éducateur m’a confirmé que mon approche avait eu un impact positif.

Comment trouves-tu ton équilibre entre exigence pédagogique et respect de ton propre rythme ?

Encore une fois, tout est une question de tempo. Parfois, il faut donner plus à l’élève, parfois davantage à soi-même. L’essentiel est de respecter le rythme d’apprentissage de chacun, même si cela peut être frustrant.

Qu’est-ce qui te procure le plus de satisfaction dans ton métier aujourd’hui ?

Voir l’élève s’épanouir, gagner en assurance, devenir autonome. Et parfois, le voir tellement investi qu’il me corrige lui-même quand je suis fatigué. À ce moment-là, je sais que le travail porte ses fruits.

As-tu un souvenir marquant ou une progression d’élève qui t’a particulièrement touché ?

Ils me touchent tous, chacun à leur manière. Mais je pense notamment à une jeune fille qui se mettait énormément de pression et traversait des difficultés de santé mentale. Grâce à la musique, elle s’est apaisée et épanouie. Les parents m’ont écrit en fin d’année pour me remercier, et cela m’a profondément marqué.

Avec le recul, quel conseil aurais-tu aimé entendre plus tôt dans ton parcours ?

Apprendre à prendre du recul et à se protéger émotionnellement. Quand on accompagne des élèves touchés par des difficultés personnelles, il est parfois difficile de ne pas s’impliquer trop fortement.

Il faut savoir rester à sa place de professeur, garder une juste distance, tout en continuant à transmettre avec sincérité. Préserver son équilibre est essentiel pour pouvoir continuer à donner sur le long terme.

Quel message aimerais-tu transmettre à celles et ceux qui hésitent à se lancer dans la batterie ou les percussions ?

Laissez-vous porter par le rythme de votre cœur.

Si tu devais résumer ton approche de l’enseignement musical en quelques mots ?

Bienveillance, écoute active, remise en question, humilité, et amour profond de la musique.

Un mot pour conclure ?

Dans un monde qui bat parfois au rythme de la violence, choisissons de battre au rythme de l’amour. La musique réconcilie, traverse les âges, et continue de vivre à travers ceux à qui on la transmet.

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