Vadim Tchijik, violoniste et passeur de musique

Allegro Musique - Cours de Musique à Domicile

CONTACTEZ-NOUS

Vadim Tchijik, violoniste et passeur de musique ...

Né dans une famille de musiciens et formé dans la grande tradition russe, le violoniste Vadim Tchijik mène aujourd’hui une carrière qui mêle scène, transmission et direction artistique. À l’occasion des Musicales de Sartrouville, il évoque son parcours, son rapport intime au violon et sa volonté de rapprocher la musique classique du public. 

Quel est votre premier souvenir marquant avec le violon ?

Je suis né dans une famille de musiciens, donc j’ai été plongé très tôt dans cet univers. Mon père travaillait au Théâtre du Bolchoï à Moscou, et je me souviens de la première fois où je suis allé assister à un spectacle. Voir un grand orchestre dans une salle immense, entendre tous ces violons résonner… c’était très impressionnant. Même si la musique faisait déjà partie de mon quotidien, cette expérience m’a profondément marqué et a certainement contribué à me donner envie de devenir violoniste.

À quel moment avez-vous compris que ce serait plus qu’une passion ?

Cela s’est fait assez naturellement. Après seulement quelques mois de pratique, j’ai intégré l’École centrale spécialisée de musique à Moscou, une institution destinée aux jeunes musiciens particulièrement doués. À partir de là, nous étions tous orientés vers une carrière professionnelle. Le chemin s’est dessiné progressivement, presque comme une évidence.

Qu’est-ce qui vous touche particulièrement dans le répertoire pour violon ?

Il y a d’abord la richesse extraordinaire du répertoire : les grands concertos de Brahms ou Tchaïkovski, Mozart, bien sûr, mais aussi toute la musique de chambre, les sonates, les trios de Schubert ou Mendelssohn. Ce sont des chefs-d’œuvre absolus.
Et puis il y a l’instrument lui-même. Le violon est un objet magnifique. Avec le temps, il devient presque un prolongement du corps. On passe énormément de temps avec lui ; le lien est très intime, presque physique. C’est une relation particulière que l’on ne retrouve pas de la même manière avec tous les instruments.

Existe-t-il un compositeur avec lequel vous vous sentez particulièrement en affinité ?

Je suis très attaché à la période romantique. Brahms, Mendelssohn, Tchaïkovski… Ce sont des compositeurs qui me parlent profondément. Il y a dans cette musique une intensité émotionnelle qui me correspond beaucoup.

Comment votre rapport à l’instrument a-t-il évolué au fil du temps ?

Avec les années, le violon devient véritablement une extension de soi. On gagne en expérience, en compréhension, en liberté. Mais il ne faut jamais oublier que cela demande un travail constant. Rien n’est acquis définitivement. Il faut entretenir sa technique, sa forme physique, son écoute.
On change aussi parfois d’instrument au cours d’une carrière, parce que nos attentes évoluent, notre sonorité aussi. C’est un processus vivant.

Vadim 2020-2

Combien d’instruments avez-vous possédés ?

En comptant les différents violons d’étude dans l’enfance, puis les instruments professionnels, j’en ai probablement eu une petite dizaine. Chaque instrument correspond à une étape de la vie artistique.

Avez-vous encore le trac avant d’entrer sur scène ?

Oui, bien sûr. Le trac est toujours présent d’une certaine manière. Mais il peut être positif : une montée d’adrénaline qui pousse à donner le meilleur. Chaque concert est différent, chaque salle a son acoustique, chaque public son énergie. Cette part d’imprévu rend l’expérience vivante.

Comment gérez-vous ce trac lorsqu’il devient plus stressant ?

La concentration est essentielle. Il faut respirer, se recentrer sur la musique, sur le son, sur la phrase que l’on va jouer. Se créer une sorte de bulle, tout en restant conscient que l’on joue pour le public. Trouver cet équilibre entre intériorité et partage.

Que recherchez-vous en entrant sur scène ?

Le contact avec le public. Avant le concert, on teste l’acoustique, on s’habitue au lieu. Mais lorsque le public est présent, tout change. On sent immédiatement une énergie. L’idéal est de créer une véritable symbiose, un échange naturel entre la scène et la salle.

Préférez-vous l’intimité de la musique de chambre ou un grand plateau avec orchestre ?

J’aime les deux. Ce sont des expériences très différentes. En musique de chambre, il y a une proximité particulière, une écoute très fine. En soliste avec orchestre, l’engagement physique et mental est plus intense. Ce sont deux formes complémentaires.

Y a-t-il un concert qui a marqué un tournant dans votre carrière ?

Les premières fois dans de grandes salles prestigieuses marquent forcément : Berlin, les Champs-Élysées, Tokyo, Moscou… Mais parfois, des concerts dans des lieux plus modestes restent tout aussi marquants, parce qu’il s’y passe quelque chose de très fort avec le public. Ce sont des moments de grâce qu’on n’oublie pas.

Que souhaitez-vous que le public ressente en sortant de vos concerts ?

J’aimerais que les gens aient envie de revenir. Qu’ils aient oublié, pendant un moment, leurs préoccupations quotidiennes. Si quelqu’un me dit qu’il s’est senti transporté, apaisé, heureux pendant une heure, alors j’ai rempli ma mission. L’idée est que l’émotion reste encore quelques jours après le concert.

Être professeur influence-t-il votre manière de jouer ?

Oui, d’une certaine manière. Enseigner la musique pousse à se poser des questions sur sa propre pratique. En expliquant un passage à un élève, on réfléchit parfois différemment à ce que l’on fait soi-même. C’est un échange qui fait progresser des deux côtés.

Quelle est, selon vous, la qualité essentielle pour être un bon violoniste aujourd’hui ?

Je pense que le plus important est la capacité à transmettre une émotion. Il faut que le public ressente quelque chose de fort, qu’il soit touché et emporté par la musique.
Bien sûr, aujourd’hui le niveau technique est extrêmement élevé. Beaucoup de musiciens jouent parfaitement, avec une grande précision rythmique et des notes justes. C’est la base indispensable.
Mais au-delà de la technique, ce qui compte vraiment, c’est de créer un lien avec le public. Si les gens ont envie de revenir vous écouter parce qu’ils ont ressenti quelque chose de positif, alors vous avez réussi. On joue aussi pour soi, bien sûr, mais lorsqu’on est sur scène, on joue avant tout pour les autres.

Quel est votre rôle au sein de l’association Concerts pour tous ?

Je suis directeur artistique, mais j’assume également une part importante de l’organisation. Je choisis les musiciens, les programmes, je construis la ligne artistique des festivals, et je participe aussi à l’aspect administratif. C’est un engagement global.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de créer vos propres festivals ?

Je pense que cela vient surtout d’une envie de partage. J’avais envie de créer des moments où le public peut vraiment se laisser emporter par la musique, mais aussi de favoriser les rencontres et les échanges. Dans les grandes salles, le rapport est parfois plus distant. Dans les festivals que j’organise, l’ambiance est généralement plus intime et conviviale, ce qui permet au public et aux artistes de se rencontrer et de discuter plus facilement après les concerts.

C’est aussi une manière de construire des programmations qui me ressemblent. L’idée est de proposer le grand répertoire de la musique classique dans des conditions simples et accessibles, avec des programmes que le public peut facilement apprécier et comprendre. Et surtout de sortir des grandes salles prestigieuses pour aller à la rencontre des habitants, dans différents lieux d’une ville.

Les gens peuvent ainsi venir très facilement aux concerts, presque comme s’ils traversaient simplement la rue, avec des tarifs volontairement raisonnables. L’objectif est de créer une atmosphère chaleureuse et proche des gens, où la musique devient un moment de partage entre les artistes et le public.

Organiser un festival aujourd’hui est-il un acte artistique ou militant ?

Les deux. Les financements sont plus difficiles à obtenir, les coûts augmentent. Il faut se battre pour maintenir ces événements. Mais le fait que le public soit fidèle depuis quinze ou vingt ans montre que cela a du sens. C’est une satisfaction immense.

Comment voyez-vous l’évolution du monde de la musique classique ?

Le milieu est plus concurrentiel, plus mondialisé. Il y a énormément de très bons musiciens. C’est exigeant. Mais je reste confiant : on annonçait déjà la fin de la musique classique il y a vingt ans, et elle est toujours là. Mais il faut continuer à se battre. Il faut montrer qu’on en a besoin, que le public en a besoin. Beaucoup de gens apprennent la musique, ce n’est pas pour rien. Donc oui, c’est difficile, mais ça en vaut la peine. Il faut rester positif et trouver les moyens de continuer à exister.

Que peut apporter la musique classique à une société en perpétuelle accélération ?

Elle apaise, elle rassemble. Elle crée du lien social. Elle apporte des émotions positives. Même la médecine reconnaît aujourd’hui ses effets bénéfiques. Donc, dans un monde rapide et parfois stressant, la musique offre un espace de respiration.

Si votre violon pouvait parler, que dirait-il de vous ?

Je pense que mon violon dirait que je prends bien soin de lui. Je le nettoie chaque jour après avoir travaillé et je veille toujours à le ranger correctement, donc j’espère qu’il n’aurait rien de mal à dire sur moi ! Je l’emmène voyager un peu partout dans le monde, il découvre de nombreux lieux et de belles salles de concert. Et puis je lui fais rencontrer d’autres instruments aussi, donc il n’est jamais vraiment seul. Donc je pense et j’espère qu’il dirait “merci” de lui avoir offert une belle période de sa vie. C’est un violon qui a été construit en 1775 à Naples, donc il a eu avant moi plusieurs violonistes qui ont joué dessus, et j’espère qu’il y en aura encore d’autres après moi. En tout cas, j’espère qu’il gardera un bon souvenir de l’époque passée avec moi.

Retrouvez les actualités de Vadim ici : 
http://www.vadimtchijik.com
http://www.ensemblevirtuoses.com
http://www.musicalesdesartrouville.com
http://www.musicalesdebinic.blogspot.com 

Recevez immédiatement notre documentation pour tout savoir sur nos cours et nos tarifs

Recevez gratuitement, sans engagement et en quelques secondes toutes les informations dont vous avez besoin.

Vos informations à caractère personnel sont destinées aux seules personnes habilitées à traiter ces demandes. Allegro Musique ayant désigné un Délégué à la Protection des Données auprès de la CNIL, conformément à la « Loi Informatique et Libertés » du 6 janvier 1978 modifiée et au RGPD, en justifiant de votre identité, vous pouvez exercer vos droits d’accès, de rectification ou de suppression des informations vous concernant. Vous pouvez aussi retirer votre consentement en tout moment. Merci de nous adresser en ce cas un mail à dpo@allegromusique.com. Vous trouverez des informations exhaustives à propos de vos droits sur le site de la CNIL, à l'adresse https://www.cnil.fr

être rappelé par nos conceillers

Pour tout savoir

Découvrez Allegro Musique!

VOIR NOTRE SITE
VOIR LES PROFESSEURS  PRES DE CHEZ MOI